~ Gabriel Belgeonne

Entre signe et silence

Gabriel Belgeonne est belge. Il est né en 1935 à Gerpinnes, au sud de Charleroi, où son père et son grand-père étaient instituteurs.

Après des études de dessin et de peinture à l’Académie de Mons, il travaille quelques années avec son oncle, Zéphyr Busine, qui l’initie à différentes disciplines artistiques. En 1962, il devient son assistant en communication graphique à l’Académie de Mons, où il fait la connaissance de Gustave Marchoul, un graveur exceptionnel qui l’initiera à la gravure et lui ouvrira les portes de l’art contemporain.

En 1966, quand Gustave Marchoul quitte l’Académie de Mons pour l’École de la Cambre à Bruxelles, il lui succède et y enseigne la gravure et les techniques d’impression. En 1990, à son tour, il est nommé à la Cambre pour y diriger l’atelier de gravure et d’illustration du livre. Il y terminera sa carrière d’enseignant en assurant la direction de toute l’École de 1998 à 2000.

En parallèle, il a toujours développé des initiatives visant à faire connaître et à diffuser la gravure. Il a fondé les cahiers 2 G en 1968 avec Gustave Marchoul, et la maison d’édition Tandem en 1971 avec quelques-uns de ses étudiants. De 1976 à 1984, il a organisé cinq biennales internationales de gravures à Condé-Bonsecours, et a toujours favorisé l’accueil d’artistes étrangers. Il est membre fondateur du Musée du petit format à Couvin, et du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de La Louvière.

Gabriel Belgeonne mène aussi, depuis toujours, un travail d’artiste. Il est graveur, mais aussi peintre. Il a exposé partout en Belgique, et dans de nombreux pays étrangers : Allemagne, Bulgarie, Égypte, Émirats Arabes, France, Italie, Japon, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Slovénie, Suède, Taïwan, Tchéquie, etc.
Il est devenu membre, en 1995, de l’Académie Royale de Belgique.

Pour en savoir plus, www.gabrielbelgeonne.be. Toutes les gravures disponibles peuvent être commandées chez Livre et art.

« Après ma période d’enseignement, qui a été une période gestuelle, abstraite, proche de la peinture expressionniste américaine de l’époque, je suis revenu à des choses un peu plus architecturées.
Puis j’ai trimbalé pendant une dizaine d’années la forme de la spirale et de l’ammonite, qu’on ne trouve plus maintenant. Pendant longtemps, je me suis préoccupé de cette forme, qui peut se lire soit de l’extérieur vers l’intérieur, soit de l’intérieur vers l’extérieur. Plus je travaillais sur elle, plus je trouvais qu’il y avait des choses à en dire. (…) J’aurais pu encore explorer sa symbolique, qu’on retrouve dans toutes les civilisations. Mais je l’ai abandonnée tout doucement pour arriver à la période actuelle, marquée par l’Orient, le vide, les écritures.
Aujourd’hui, « tout » se passe dans le haut du tableau, parce qu’en Orient, l’élévation est plus importante qu’en Occident où il faut garder les pieds sur terre. C’est le vide qui supporte l’ensemble. J’écris des signes récurrents qui me sont naturellement propres, personnels. Je me raconte une histoire.
Ces trois grandes périodes se sont succédées en douceur. L’évolution s’est faite insensiblement, il n’y a pas eu de rupture. Les ruptures trop dures manquent parfois de sincérité… Pour moi, quelqu’un qui évolue, c’est quelqu’un qui est dans un questionnement. »

© Agence culturelle de Sambraisie (2007)